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Qu'est ce qu'un Paysagiste DPLG ?

Je vous propose un morceau d'écriture pour mieux vous expliquer mon métier de Paysagiste DPLG. Un détour à travers une Histoire du Paysage abrégée, pour aboutir aux sujets prégnants de l'actualité de la profession.


Le paysage, dans sa première définition, évoque l'idée d'une portion de territoire, perçue par un observateur. Derrière cette phrase simple, se cache l'ambivalence d'une profession qui doit donc allier un regard, une perception sensible et des données scientifiques, cartographiques...

L'apparition du métier de Paysagiste ne s'est pas faite en un jour, mais plutôt au travers d'une succession de moments et de personnages-clés qui ont préparé le terrain pour l'émergence de la profession d' « architecte-paysagiste DPLG » telle que l'on peut la comprendre aujourd'hui.

L'un des plus emblématiques « paysagistes » de notre histoire française pourrait sûrement être André Le Nôtre, dénommé à l'époque comme le « jardinier du roi », bien que sa vision du jardin ait largement dépassé l'étape de la gestion d'un espace vert. Il est à l'origine des plans de chacun des espaces du Parc du Château de Versailles et son génie de la perspective et des effets d'optique a marqué l'Europe entière de son vivant et continue d'attirer encore les foules vers ses allées régulières et verdoyantes.

Plus tard, vinrent des professionnels d'un autre genre, que l'on peut reconnaître comme ayant eu une pensée « paysagiste »,du point de vue scientifique, : les militaires. Ils parcoururent le pays en tous sens pour en recenser les atouts et les lieux stratégiques de défense et de développement. C'était le temps des Cartes de Cassini puis de celles d’État Major.

Une autre figure, mérite de se trouver dans cette histoire. La non moins emblématique et anglaise : Gertrude JEKYLL, probablement l'une des plus grandes femmes paysagistes, dénommée à tort comme jardinière (la profession, pas le pot de fleurs...) alors que son travail de conception, de plans lui vaudrait largement le terme d'Architecte-Paysagiste. Elle a marqué de son empreinte de nombreux jardins célèbres Outre-Manche comme en France, l'un des plus connus répondant au nom de Parc du Bois des Moutiers.

Aujourd'hui, un Paysagiste DPLG, c'est un professionnel que l'on pourrait qualifier d' « architecte-paysagiste », dans le sens où sa conception de l'espace fait appel de la même manière qu'un architecte-bâtiment à des compétences artistiques, techniques et scientifiques. Le titre « d'Architecte » ayant été protégé, il est jusqu'à présent interdit à un paysagiste DPLG de se faire appeler Architecte Paysagiste DPLG en France, bien que ce terme soit de loin, le plus fort et le plus juste pour en exprimer les enjeux. Ailleurs, c'est à dire dans le reste du monde, nous pouvons prendre le nom de Landscape Architects. L'exemple de la Finlande, est, à ce point, intéressant, puisqu'elle regroupe ses futurs étudiants architectes et paysagistes, ensemble en première année, avant de décider d'une « spécialisation » en deuxième année.

Le terme de Paysagiste n'est lui, pas du tout protégé, « tout le monde peut fondamentalement » se prétendre Paysagiste aujourd'hui. Le secteur du Paysage, c'est plus de 90 000 professionnels qui interviennent en réalisation et en entretien.

L'École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles-Marseille (ENSP) forme quant à elle des professionnels du Paysage et de l'Urbanisme, regroupés sous le titre de Paysagiste Diplômé Par Le Gouvernement. Nous sommes un peu plus de 2200 professionnels, actuellement en activité avec ce titre. Une profession encore très jeune et peu représentée, comparée aux quelques 30000 Architectes-bâtiments présents en France. La formation se déroule jusqu'à présent en 4 années après un concours national à Bac+2. Pendant ces années, on « aiguise notre regard ». On apprend à réfléchir sur un territoire avec une problématique définie. On acquiert une méthodologie pour comprendre et agir sur un territoire. Nos études nous font traverser l'histoire, la géographie, mais aussi la géologie, la pédologie, la botanique. L'art en général, sa pratique dans les projets et la recherche de références sont omniprésentes dans nos réflexions.Viennent ensuite, les sciences techniques, sans oublier une très forte imprégnation des sciences humaines que sont la sociologie, la philosophie, la politique, l'aménagement du territoire ...Du croisement de toutes ces matières émergent les projets de paysage.

Un paysagiste DPLG s'appuie sur son ressenti et sur l'étude de données et cartes diverses pour proposer une lecture unique d'un espace quel qu'il soit. Cela tout en ne construisant aucun bâtiment, mais en intervenant sur notre paysage environnant, de la plus petite échelle du jardin, à l'espace public et en allant jusqu'aux schémas de cohérence territoriale pour une région.

Malgré ces différences majeures, il persiste des ambiguïtés et doutes entre ces professions du Paysage qui sont le fruit d'un métier jeune et trop souvent mal nommé et connu. Pour faire un parallèle, on fait rarement appel à un architecte lorsque l'on cherche un maçon et vice versa. Les deux sont très différents, tout en apportant chacun à leur façon une pierre fondamentale à l'édifice. Dans le paysage, il pourrait en être de même entre un jardinier, un paysagiste DPLG, un ingénieur-paysagiste et un paysagiste tout court.

Actuellement, il y a débat pour que les « architectes-paysagistes » soient systématiquement associés aux grands projets d'aménagement du territoire français au même titre que les architectes. Cela pourrait éclairer durablement cette profession porteuse de valeurs humanistes et bienveillantes.


A ce titre et en conclusion, un paysagiste DPLG agit sur le cadre de vie d'une population, en proposant un univers de nature, une ambiance qui participe aux rapports qu'entretiennent les habitants les uns par rapport aux autres. La nature est probablement le plus bel exemple qui nous soit offert, de mélange, de diversité, de complémentarité, tout en nous révélant des paysages toujours uniques et différents.

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